L’amateurisme est en train de tuer nos fêtes votives.
Entre désertion des assureurs et vide juridique, nos manadiers sont poussés vers l’abattoir financier. La proposition de loi Burgoa sera-t-elle le choc électrique nécessaire ou l’ultime aveu d’impuissance de la vieille garde ?
Récemment, le Sénateur Laurent Burgoa, épaulé par Stéphane Le Rudulier, a porté une proposition de loi majeure en faveur des manadiers. Ce texte marque un tournant pour la pérennité de nos manifestations taurines dans les Garrigues et les Costières. L’enjeu ? Concilier enfin une tradition séculaire avec les impératifs de sécurité d’un monde moderne qui ne pardonne plus rien.
La saison 2025 : Un goût de cendre
Ce n’est plus un secret : le monde de la bouvine vacille. Quand un géant comme Groupama claque la porte, ce n’est pas un simple « ajustement de marché », c’est une condamnation à mort pour nos villages. Sans assurance, pas de fête. Sans fête, plus d’identité.
La question qui pique : Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi les instances dirigeantes ont-elles attendu que le mur soit à 10 centimètres pour freiner ?
Le manadier : Responsable mais pas coupable ?
Le texte de loi soulève un lièvre monumental : la responsabilité civile. Jusqu’ici, si un spectateur franchit les barrières et commet une imprudence, c’est le manadier qu’on envoie au tribunal. On marche sur la tête.
- Est-il normal qu’un éleveur joue son patrimoine et sa vie à chaque lâcher de taureaux à cause de l’inconscience de quelques-uns ?
- La loi va-t-elle enfin protéger ceux qui font battre le cœur du terroir, ou va-t-on continuer à les traiter comme des cibles juridiques faciles ?
L’amateurisme : Le cancer de nos traditions
Le mot est lâché : « On ne peut plus tolérer l’amateurisme ». Une charte de qualité est annoncée. Des prestations plus courtes, plus pro, plus encadrées. Mais ne nous trompons pas de débat :
- Qui va payer la facture de cette « professionnalisation » ?
- Les petites communes auront-elles encore les moyens d’offrir des festivités si les exigences deviennent des usines à gaz administratives ?
- Assiste-t-on, sous couvert de « qualité », à une sélection naturelle où seules les villes les plus riches survivront ?
Ne nous y trompons pas : les manifestations taurines ne sont pas seulement un vestige de notre histoire. Elles constituent un levier économique vital pour nos villes et villages, faisant vivre des centaines de familles. C’est autour de ces moments de partage que se construit le lien social entre les habitants. En laissant l’asphyxie administrative s’installer, c’est tout un écosystème financier et humain que l’on condamne au silence.
Le chantage à l’assurance : Le silence des banques
Laurent Burgoa est cash : « Si avec ça Groupama ne revenait pas, je ne comprendrais plus leur position… ». Derrière la diplomatie, c’est un véritable bras de fer. Les assureurs ont-ils pris nos traditions en grippe, ou est-ce notre incapacité à gérer le risque moderne qui les fait fuir ?
Pendant ce temps, la dermatose nodulaire bovine rode. Une crise sanitaire de plus qui vient s’ajouter à l’asphyxie administrative et à la fragilité économique de nos éleveurs. La coupe est pleine.
Le réveil ou le crépuscule ?
Le changement ne se fera pas avec des demi-mesures ou des discours de vœux sirupeux. Soit nous entrons dans l’ère de l’ingénierie territoriale et de la responsabilité collective, soit nous préparons le deuil de nos traditions.
En fédérant nos talents et en mutualisant des outils technologiques et juridiques performants (comme nous le prônons avec le projet VISIONS), nous pouvons transformer ce défi en une opportunité de pérenniser nos valeurs.
Alors, on continue de bricoler en attendant l’accident de trop, ou on exige enfin une méthode qui tient la route ?
La réponse n’appartient plus seulement aux élus. Elle appartient à tous ceux qui refusent de voir le Gard devenir un musée sans âme.

L’analyse est juste et complète.
Il est triste de constater que tout se prépare en catimini pour que nos éleveurs se contentent que de courses camarguaises encadrées et rémunérées.
Malheureusement leurs vachettes et taureaux finiront uniquement dans les assiettes sans même en connaître leurs origines.
L’amour et les soins qui leur ont été donné et prodigué ne seront que de vagues souvenirs pour tout un chacun.
Nos traditions culturelles et familiales villageoises sont en danger de disparition.
Mais combien seront ceux qui auront le courage de les défendre corps et âmes ?
Effectivement, il serait bien dommage et regrettable que ces traditions disparaissent ! ….. la fête votive, c est l âme de nos villages Gardois……